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COLLOQUE INTERNATIONAL

26-27-28 mars 2009

« Handicap et vie psychique »

Organisation : Pierre ANCET

 

Jeudi 26 mars

 

 

  • Pierre ANCET (MCF philosophie, Dijon) présentation du colloque
    [06'05]

  • Josef FULKA (PR, philosophie, République Tchèque) : Le corps comme exception: sur quelques représentations littéraires du handicap
    [24'52]

  • Pierre RODRIGO (PR, philosophie, Dijon) : Phénoménologie de la psychose et « existence à l'impossible » selon Henri Maldiney
    [33'08]

  • Christopher LAPIERRE (Assistant Moniteur Normalien, Dijon) : Approche phénoménologique du handicap à partir de la notion de "corps vécu"
    [30'54]

Discussion

 

  • Alain LEPLEGE (PR, philosophie, Université de Paris 7 - Denis Diderot) – titre à préciser
    [36'17]

  • Anne-Lyse CHABERT (doctorante en philosophie – élève de l’ENS, Paris) - Handicap et variation de l’être-au-monde ; la notion d’affordance.
    [29'53]


  • Alexandre AGNES (Fondation Motrice) - Le vécu du handicap. Une expérience personnelle
    [14'25]

 

Discussion

 

 

Vendredi 27 mars

 

  • Christelle BENONY-VIODÉ (psychanalyste, MCU psychologie clinique, Dijon ) - Entrave corporelle précoce et vie psychique
    [29'17]

  • Antoine BIOY (MCF psychologie clinique, Dijon ) : La douleur physique, un handicap psychique ?
    [30'50]

  • Anne AUBERT (PR, université de Rouen)

  • Hélène ROMANO (docteur en psychologie clinique et psychologue expert du Comité de Protection des Personnes Ile de France IX) : Participation des sujets en situation de handicap aux recherches médicales: réflexions éthiques sur l'information et les demandes de consentement pour une clinique respectueuse du sujet au-delà de son handicap
    [28'14]

 

 

  • Simone KORFF-SAUSSE (psychanalyste, MCF en psychologie clinique Paris VII) : La vie psychique de la personne atteinte d'un handicap : un étrange déni
    [34'29]

  • Régine SCELLES (PR de psychologie, Rouen) Le Visible du corps et le mystère de la psyché dans les représentations infantiles
    [37'35]

 

  • Georges SAULUS (psychiatre, Marseille) : Vicissitudes d'installation de l'éprouvé entitaire et de l'expérience du Moi (approche comparative entre polyhandicap, autisme et psychose chez l'enfant)
    [36'22]

Discussion

 

 

Samedi 28 mars 2009

 

  • Aubeline VINAY, (MCF psychologie clinique, Dijon) : Temporalité et sentiment d'identité personnelle en situation de handicap moteur
    [34'11]

  • Pierre ANCET (MCF philosophie, Dijon) Autonomie, vie psychique et reconnaissance
    [31'00]

 

  • Anne MARCELLINI (MCF-HDR, Université Montpellier I ) : Atteintes corporelles et identités : la part du mouvement
    [42'08]

  • Yannis CONSTANTINIDES, (philosophie, enseignant à l’Espace Ethique de l’AP/HP) : Le corps comme pesanteur
    [33'50]

Discussion

 

 

L’objet de ce colloque de bioéthique est de susciter la réflexion sur les conséquences psychiques du handicap physique, du handicap mental ou du polyhandicap en insistant sur la perception que ces personnes possèdent de leur propre corps. Pour ce faire, nous nous appuyerons sur l’expérience du corps vécu ou corps subjectif au sens que Maurice Merleau-Ponty donne à ce terme dans la Phénoménologie de la perception : un corps subjectif, ressenti plus que représenté, expérimenté plus que connu, intériorisé plus qu’extériorisé comme objet possible.

Dans cette perception du corps, la douleur tient une place toute particulière : elle enferme le sujet dans une forme de dépendance face à un corps vécu comme obstacle, réduisant le champ des possibles. Elle est la marque de l’impuissance du sujet (Lévinas, Le Temps et l’autre). Par quoi toute douleur humaine se double de souffrance psychique.

Les exemples principaux retenus pour cette analyse seront l’expérience du corps chez la personne handicapée physique, handicapée mentale et la personne polyhandicapée, et ceci pour plusieurs raisons.

La première est éthique : elle permet de prendre conscience du décalage qui peut exister entre nos représentations, souvent éminemment projectives, et l’expérience de l’autre telle qu’il la décrit du dedans. On y retrouve l’écart entre l’apparence extérieure construite par les stéréotypes sociaux et le vécu individuel dans sa singularité. Or la démarche éthique est souvent présentée comme une tentative pour aller de la généralité des principes vers la particularité voire la singularité d’une expérience, afin de remonter ensuite vers une discussion collective des principes. Le cheminement éthique ne peut en ce sens faire l’économie de l’expérience individuelle, et nous insistons pour que des intervenants en situation de handicap puissent s’exprimer dans ce contexte. Les enjeux éthiques sont d’autant plus importants que se pose aujourd’hui la question cruciale du néo-eugénisme contemporain par le dépistage anténatal du handicap.

La seconde raison est spéculative : la découverte de l’expérience d’autrui ne peut que nous conduire à repenser notre propre rapport au corps et à nos propres déficiences. De la même manière que l’anthropologie a pu par le passé permettre de mieux saisir ce qu’était notre propre culture, de même nous avons la possibilité d’interroger au sein de notre propre société des personnes dont l’expérience du corps n’est pas comparable à celle que nous connaissons quotidiennement. Quelles en sont les conséquences psychologiques ? Cette question n’a de sens que dans la mesure où l’on distingue le champ de l’expérience du corps subjectif et celui de ses conséquences psychologiques. Or le corps tel que nous l’entendons est un corps subjectif, partie intégrante du psychisme. La personne handicapée a grandi avec lui et l’a intériorisé comme tel. L’expérience du corps et l’expérience de soi sont par là même intimement liées. Plus généralement, rien ne nous garantit que nous ayons tous les mêmes expériences intérieures uniquement parce que nous disposons de la même culture et des mêmes termes pour désigner ce que nous ressentons. La maladie mentale et la maladie physique peuvent conduire à des expériences si étranges et singulières du corps vécu qu’elles en deviennent difficilement communicables. Mais rien ne nous indique à l’inverse que les expériences du corps soient si radicalement distinctes qu’elles ne puissent faire l’objet d’une rencontre.

Les études récentes montrent qu’il n’est pas possible de lier directement l’importance du handicap avec la diminution de la qualité de vie ressentie par l’individu. Le lien existe, mais il est la plupart du temps indirect, les personnes les moins touchées par le handicap s’estimant généralement plus affectées par celui-ci du fait de leur position de liminalité, à la limite entre la « normalité » et l’ « anormalité ». L’évaluation de la qualité de vie nous confronte donc à des effets projectifs de la part des personnes dites valides. Cet argument de la qualité de la vie revient pourtant constamment dans les décisions d’interruption médicale de grossesse. Une étude précise de cette notion doit donc être menée, ainsi que des concepts qui lui sont généralement associés (liberté, reconnaissance, autonomie, mais aussi bien-être, douleur et souffrance).

Comment définir cette notion de qualité de vie au plus près d’une expérience vécue tout en préservant sa valeur intersubjective voire sa valeur de mesure statistiquement exploitable ? Ce sera l’un des enjeux de cette rencontre mêlant psychologues cliniciens et philosophes.

 

Ecoutez les interventions du colloque international L'expérience du corps vécu chez la personne âgée et la personne handicapée, 13-15 novembre 2008. Pour accéder aux enregistrements, cliquez ici.

 

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