Fred Turner, Politique des machines, Hervé Le Crosnier (traduction), Paris, C&F Éditions, 2025, 104 pages, 15 euros.
| Laboratoire Interdisciplinaire de Recherche
"Sociétés, Sensibilités, Soin" UR 7366 UBE |
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| Fred Turner, Politique des machines, Hervé Le Crosnier (traduction), Paris, C&F Éditions, 2025, 104 pages, 15 euros. | ||||
| François Jarrige | Mots-clés | Sommaire | Texte | Auteur | Annexes | Notes | Références | Outils | |||
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À l’occasion d’un passage en France en novembre 2025, le spécialiste états-unien du numérique Fred Turner a été invité à donner une conférence à la Sorbonne sur les origines du « technofascisme ». Ce terme, qui prolifère depuis quelques années pour rendre compte de l’essor d’idéologies autoritaires portées par les acteurs du monde numérique, comme Elon Musk, désigne, selon lui, dans le contexte nord-américain, « la fusion entre les capacités de la technologie numérique, les incitations au profit qui animent les entreprises et l’histoire très spécifique de la politique nationaliste chrétienne de droite aux États-Unis » [1]. Les nouvelles technologies dites numériques, nées à l’origine comme un projet émancipateur et libérateur, sont en effet devenues un instrument de surveillance et de contrôle, porteur d’un tournant autoritaire, voire d’une nouvelle dérive fasciste new-look, autant d’éléments qui nous imposent désormais de penser et d’affronter la « politique des machines » et les idéologies qui les portent. De « l’idéologie californienne » à l’« idéologie texane »La conférence de Fred Turner était organisée alors que le déferlement de l’IA s’intensifiait, parallèlement à la montée de l’autoritarisme politique dans le monde. Elle était également organisée alors que l’auteur fait paraitre en France un petit essai intitulé « Politique des machines » aux éditions C&F, éditeur spécialisé dans les nouvelles technologies. L’ouvrage bref, composé de trois articles, donne accès aux dernières réflexions de l’auteur sur l’évolution du numérique et des idéologies qui le portent. Venu du journalisme avant de devenir professeur au MIT, spécialiste de la culture numérique et de son berceau californien, Fred Turner s’est imposé au début du xxie siècle comme l’un des plus lucides observateurs de l’évolution du monde numérique et de ses apories après son premier livre, paru en français chez le même éditeur, et consacré « aux sources de l’utopie numérique » [2]. Dans cette analyse pionnière, il explorait comment, à partir des années 1980, l’informatique s’était peu à peu imposée au cœur des reconfigurations économiques, politiques et culturelles. Il y suivait notamment la trajectoire de Steward Brand, passant de la contre-culture contestataire des années 1970 au conservatisme néo-libéral. Il montrait comment la promotion des nouvelles technologies s’opérait au nom de la primauté des individus, de leur créativité, et de la lutte contre les bureaucraties et les pouvoirs centralisés, accompagnant un projet idéologique et politique. Le marché, conçu comme un ordre spontané et naturel, fut en effet promu parallèlement à l’utopie des réseaux et de l’auto-organisation des acteurs. Grâce aux nouvelles technologies informatiques, l’économie immatérielle était censée remplacer les anciennes dominations hiérarchiques et verticales du capitalisme industriel. Les trois textes, rédigés à des périodes différentes, qui composent ce nouvel opus s’inscrivent dans la continuité de cette réflexion : deux sont signés de Fred Turner lui-même, « L’idéologie texane » (2025), et « Politique des machines » (2019), un texte plus grand public qui donne son titre au recueil. L’auteur actualise sa réflexion en explorant comment le monde numérique est passé de « l’idéologie californienne », associant idéologie entrepreneuriale et héritages de la contre-culture, à ce qu’il nomme « l’idéologie texane », bien plus conservatrice, associant refus de toute ingérence de l’État, évangélisme religieux, négation des risques environnementaux, et quête de profit maximal. Il montre comment les intérêts des patrons de la Tech ont progressivement convergé avec ceux des magnats du pétrole après l’an 2000 : loin de remplacer un vieux capitalisme fossile sclérosé par un supposé « capitalisme cognitif » renouvelé, comme beaucoup l’espérait, y compris dans les rangs marxistes, on assiste depuis à une convergence d’intérêts et d’actions. Ce « basculement » qui se matérialise par le déménagement des sièges sociaux et des data centers de la Californie vers le Texas, comme l’a fait Musk lui-même. Loin d’une rupture, ce déplacement radicalise des tendances déjà en germe dans l’idéologie californienne des années 1990, à l’origine d’une nouvelle synthèse dans l’idéologie texane qui associe l’imaginaire de la tech et le conservatisme social le plus réactionnaire et traditionaliste. Le monde numérique, et son visage avancé qu’est l’IA générative, apparaissent de plus en plus manifestement pour ce qu’ils sont : la poursuite et la radicalisation des dynamiques industrielles, de leurs logiques d’accumulation, de l’intensification de l’exploitation du travail et de la nature, en dépit des nouveautés et des ruptures supposées. Un troisième article, plus ancien et jamais traduit en français à ma connaissance, complète l’ensemble. Rédigé par les Britanniques Richard Barbrook et Andy Cameron, deux spécialistes de la question des médias, l’un chercheur en sciences politiques et l’autre artiste, il offre l’une des premières analyses de cette « idéologie californienne » qui a modelé les imaginaires de la fin du xxe siècle. Turner le cite dès le début de son analyse de « l’idéologie texane » en y voyant une analyse fondatrice qui a inspiré et nourri sa propre réflexion. Les deux auteurs décrivaient en effet dès 1995 les ambivalences profondes de cette « idéologie californienne » dans un texte perçu à l’époque comme un « pamphlet » et vivement repoussé par les promoteurs de l’utopie numérique, mais dont la justesse apparaît au grand jour aujourd’hui. Ce texte est paru lorsque l’informatisation et le Web prenaient leur envol en suscitant la fascination, il offrait alors un regard européen sceptique sur les mutations en cours de la tech américaine. Les auteurs exploraient en particulier comment « les hippies et les conformistes se retrouveraient main dans la main pour inventer l’idéologie californienne. Qui aurait pu penser qu’un tel mélange de déterminisme technologique et d’individualisme libertarien deviendrait la référence commune de l’ère de l’information ? Et qui pouvait se douter que plus on adorerait sur un même autel la technologie et la liberté, et moins il deviendrait possible de dire quelque chose de sensé sur la société dans lesquels ces aspirations s’inscrivent » (p. 70). Dans ce texte, les auteurs tentaient d’expliquer comment ce qui était présenté comme des « technologies de la liberté se sont retournées en machines de domination », et pourquoi « les tenants de l’agora électronique et du marché libre promettent aux individus de les libérer de l’État et des monopoles privés », ont-ils finalement conduit, sous l’impact d’une société très polarisée, et via l’essor d’une nouvelle élite technologique et capitaliste, à « une vision bien plus oppressive de l’avenir numérique » (p. 87). Penser les dystopies technologiques depuis la Silicon ValleyCe petit livre entend donc répondre à une énigme centrale de notre temps et qui ne cesse de revenir de façon obsédante désormais : comment l’utopie numérique initialement porteuse d’émancipation à la fin du xxe siècle, de libération, via un monde d’interconnexion horizontal et général a-t-elle pu se transformer en cette dystopie sociale, politique et environnementale que nous observons aujourd’hui ? Alors que partout l’extrême droite semble s’imposer et devenir une nouvelle doxa, Turner, qui écrit depuis l’Amérique de Donal Trump et le cœur de la Silicon Valley où il vit et enseigne, constate que « Aujourd’hui que nous subissons les tweets rageurs de Trump, et que Facebook sert d’instrument pour organiser le génocide des Rohingyas, nous commençons à voir combien cette croyance était erronée. Même s’ils nous permettent de communiquer les uns avec les autres dans le monde entier, nos médias sociaux ont donné naissance à une nouvelle forme d’autoritarisme » (p. 41). La question de l’autoritarisme des technologies et de ceux qui les promeuvent est devenue obsédante et fait l’objet de nombreuses publications et essais de part et d’autre de l’Atlantique ces dernières années. En France, c’était ainsi le thème central de l’étude publiée en 2019 par Félix Tréguer, membre fondateur de La Quadrature du Net, une association de défense des libertés sur internet. Il s’efforçait également de comprendre, en revenant lui aussi à l’histoire, comment internet est peu à peu devenu un outil de contrôle asservi aux États et aux grandes multinationales du secteur [3]. Plus récemment, Sébastien Broca, autre chercheur en sciences de l’information et de la communication, a également tâché de suivre comment les géants du numérique ont instrumentalisé l’idéal émancipateur des pionniers de l’Internet, censés être libéraux et progressistes, pour maximiser leur contrôle sur la société et, par la même occasion, leurs profits qui demeurent leur horizon principal [4]. Le fait d’habiter au cœur de la Silicon Valley rend bien sûr l’auteur moins sensible aux fables et mythologies que le monde numérique construit et diffuse en permanence pour s’installer. Dans cette petite région de Californie, devenue une zone industrielle, une sorte de vaste technopole au sud-est de la région de la baie de San Francisco, l’auteur peut constater au quotidien le creusement des inégalités et les destructions de l’environnement alors que des milliardaires tout-puissants coexistent avec les sans-abris et les caravanes, et que les sièges sociaux ultra-protégés côtoient les déchets toxiques laissés par les industries de l’électronique, alors que les syndicats sont impitoyablement pourchassés [5]. Fred Turner se présente à la fois comme un anthropologue au plus près de son terrain, et un historien soucieux de porter un regard distancié sur les origines d’un système technique qui se pense toujours au présent. L’étude de Turner s’inscrit dans un moment technocritique et accompagne une sorte de prise de conscience en cours, d’éveil de l’opinion, ou de sortie de l’illusion numérique qui ne cesse pourtant d’être relancée à l’heure du déferlement de l’IA et de son nouveau fatalisme. Généalogie des alertesEn réalité, bien avant les tweets de Trump, beaucoup alertaient déjà dans le désert, le silence et le mépris, et les analyses de Turner s’inscrivent elles-mêmes dans une longue généalogie. Pendant longtemps, l’histoire de l’informatique et du numérique a été construite et pensée comme un récit linéaire de progrès, porté par des mythes diffusés par les acteurs du secteur eux-mêmes qui se pensaient en héros de la modernité, en bricoleurs géniaux parvenant seuls, à force de génie, à mettre au point un nouveau monde technologique [6]. Si ce qu’on appelle l’informatique moderne apparaît dans son principe après 1945, comme le fruit des nombreuses recherches engagées durant la guerre pour améliorer les technologies de communication, l’ordinateur commence à fonctionner à titre expérimental au cours des années 1950-60 avant de se généraliser dans le dernier quart du xxe siècle, comme le rappelle Turner dans la brève généalogie qu’il propose du processus [7]. Le déferlement de l’informatique (le mot est inventé au début des années 1960), suivi du numérique à partir des années 1990, ne cesse de s’accélérer depuis parallèlement aux transformations des composants électroniques, à leur miniaturisation, et à la capacité du secteur à drainer des ressources cognitives, financières comme matérielles. Cette explosion numérique tient à la fois aux mutations de l’industrie, des langages mathématiques, mais aussi à l’apparition d’une nouvelle « utopie de la communication » étudiée très tôt en France par Philippe Breton [8]. D’emblée, l’informatique est en effet portée par un puissant imaginaire utopique et une série de projets politiques : il s’agissait initialement d’élaborer une alternative scientifique à la folie humaine révélée par la Guerre en mettant en place une conduite rationnelle des sociétés par les machines. Dans les années 1980, beaucoup ont par ailleurs vu dans ces nouvelles technologies une occasion de relancer le progrès après les contestations virulentes des années 1970, en réorientant le déferlement technique dans un sens écologique et non productiviste. Pourtant, d’autres soulignent à l’inverse combien cette nouvelle trajectoire représente une étape supplémentaire dans l’expansion du productivisme et de ses logiques à tous les aspects de l’existence, malgré les dénis et rejets que suscitent leurs alertes précoces. Si Turner ne les évoque pas dans son essai, les critiques de ces idéologies technologiques émergent très tôt, en Europe comme aux États-Unis. Ainsi, dès le début des années 1980, des informaticiens s’opposent à la numérisation généralisée de nos sociétés, à l’image du groupe Clodo à Toulouse (pour le « Comité liquidant et détournant les ordinateurs ») qui, au début des années 1980, se présentait comme « des travailleurs de l’informatique, bien placés par conséquent pour connaître les dangers actuels et futurs de l’informatique et de la télématique. L’ordinateur est l’outil préféré des dominants. Il sert à exploiter, à ficher, à contrôler, à réprimer. Demain la télématique instaurera 1984, après-demain l’homme programmé, l’homme machine ». Les membres de ce groupe ont saboté diverses installations dans ce qui était alors la Mecque de l’informatique français, sans jamais être découverts. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) restent par ailleurs l’enjeu de virulentes batailles pour fixer leur sens dans les années 1990. Elles s’accompagnent de nombreuses critiques, contestations et résistances, toujours minoritaires et discréditées, alors que l’informatique s’impose partout comme une utopie porteuse d’espérances [9]. Le court essai de Fred Turner s’inscrit dans la continuité de ces approches critiques, dont il faut rappeler qu’elles furent particulièrement dynamiques et nombreuses aux États-Unis. Sans même évoquer la radicalité meurtrière d’un Unabomber, de nombreux militants et intellectuels états-uniens ont en effet déconstruit les mythologies technologiques de leur époque, comme Neil Postman, auteur de Technopoly, ou le philosophe nord-américain Langdon Winner, qui proposait de penser, dès 1980, les liens entre technologie et politique [10]. La question de la politique des machines n’a cessé d’accompagner la réflexion sur les techniques à l’âge industriel : le mythe de « la neutralité des techniques », répété à l’infini pour éviter toute remise en cause des trajectoires en cours, a laissé la place à la reconnaissance du rôle politique des techniques qui façonne en permanence le champ politique et idéologique en modelant les rapports sociaux et environnementaux. Au cours des années 1990, un mouvement parfois qualifié de « néo-luddite », incarné par le théoricien écologiste Kirkpatrick Sale, en appelait même à l’essor d’« un mouvement de résistance aux technologies de plus en plus bizarres et effrayantes de l’ère numérique [11] ». Réguler ou dénumériser ?Fred Turner ambitionne au final de reprendre la main sur le monde des machines, seule solution selon lui, pour reconquérir de nouvelles libertés et permettre un semblant de démocratie face à l’avènement des technofascismes. Mais comment faire ? Par quels relais et quel levier peut s’opérer ce renversement alors que le laisser-faire a désormais placé les seigneurs de la technologie au cœur du pouvoir ? Pour Turner, « si nous voulons résister à la montée du despotisme, nous devons comprendre comment ceci est advenu et pourquoi nous ne l’avons pas vu venir. Nous devons en particulier savoir pourquoi c’est dorénavant la droite la plus dure qui a su tirer avantage des efforts menés sur plusieurs décennies par des activistes de gauche pour décentraliser les médias » (p. 41). Ce détour par l’histoire comme outil de démystification et d’éclairage, et cette quête généalogique – s’ils sont essentiels – ne seront sans doute pas suffisants. L’auteur conclut en effet que « dire nos vérités a toujours été nécessaire, mais ce n’est pas suffisant pour défendre la démocratie ». Il constate qu’une « société qui remplace la loi et les institutions par une cacophonie d’expressions individuelles encourage finalement le sectarisme et s’effondre » (p. 56). Pourtant, ces constats lucides débouchent sur des propositions et pistes finalement limitées « Il est temps de laisser tomber cette idée fantasque que les ingénieurs pourraient faire de la politique à notre place, et qu’il suffirait de rendre publics nos désirs au sein de leurs forums pour changer le monde. Dans la plus grande partie du xxe siècle, les Américains, tant de gauche que de droite, ont pensé que les institutions de l’État étaient leurs ennemis, et que la bureaucratie était totalitaire par définition. Notre défi consiste désormais à redynamiser les institutions qu’ils ont décriées et à accomplir le travail long et difficile qui consiste à transformer les vérités issues de notre expérience collective en conquêtes législatives » (p. 60). Redonner une légitimité à l’État et aux institutions publiques, restaurer la confiance dans la loi et la régulation contre le laisser-faire libertarien qui a triomphé aux États-Unis, depuis l’Europe, ce programme apparaît bien limité et au final peu original. Si le besoin d’institutions et de normes régulatrices courageuses est indéniable, celles-ci paraissent bien réduites au regard de l’ampleur des menaces et de la rapidité du processus. C’est sans doute une résistance plus forte qu’il faut instaurer, portée par des mouvements sociaux par en bas, par des politiques de dénumérisation de certains usages particulièrement toxiques, et un décloisonnement culturel et théorique qui montre enfin combien les « nouvelles technologies » ne sont ni neutres ni bienfaitrices en soi, mais qu’elles construisent un monde de plus en plus destructeur, autoritaire. |
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AUTEUR François Jarrige Maître de conférences Université Bourgogne Europe, LIR3S UR 7366 |
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ANNEXES |
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NOTES
[1] « Fred Turner analyse la technocratie autoritaire », Université de Paris I-Panthéon Sorbonne, 17 novembre 2025, disponible sur : https://www.pantheonsorbonne.fr/actualite/fred-turner-analyse-technocratie-autoritaire
[2] Fred Turner, Aux sources de l'utopie numérique : de la contre-culture à la cyberculture, Steward Brand, un homme d'influence, C&F éditions, 2012 (1re ed. 2006), p. 328-333 : « Nouvelle technologie, Nouvelle Économie, Nouvelle Droite ».
[3] Félix Tréguier, L’utopie déchue : une contre-histoire d’Internet, xxe- xxie siècle, Paris, Fayard, coll. « Histoire de la pensée. À venir », 2019.
[4] Broca Sébastien, Pris dans la toile. De l’utopie d’Internet au capitalisme numérique, Paris, Seuil, 2025.
[5] L’auteur a par ailleurs publié chez le même éditeur une étude sur les paysages sociaux et environnementaux de cette région : Visages de la Silicon Valley, C&F éditions, 2018 ; sur l’histoire de ce territoire cf. par ailleurs Christophe Lécuyer, « Labour and the Environmental Critique of Digital Industries in Silicon Valley », Réseaux, no 231(1), 2022, p. 41-70. https://doi.org/10.3917/res.231.0041.
[6] Cette rhétorique a très bien été déconstruite récemment par Anthony Galluzzo, Le mythe de l'entrepreneur. Défaire l'imaginaire de la Silicon Valley, Paris, Zones, 2023.
[7] L’une des premières synthèses est celle de Philippe Breton, Une histoire de l’informatique, Paris, La Découverte, 1987 ; le premier colloque consacré à l’histoire de l’informatique en France est organisé à Grenoble en 1988 en associant universitaires et industriels, depuis les travaux se multiplient, cf. par exemple : André Mondoux, Histoire sociale des technologies numériques de 1945 à nos jours, Éditions Nota bene 2011 ; l’historien Pierre Mounier-Kuhn fut un pionnier dans l’hexagone : L’Informatique en France, de la seconde guerre mondiale au Plan Calcul. L’émergence d’une science (PUPS, 2010, rééd. SUP 2026).
[8] Philippe Breton, L’utopie de la communication. Le mythe du « village planétaire », Paris, La découverte, 1997, p. 106.
[9] Cédric Biagini, L'emprise numérique. Comment internet et les nouvelles technologies ont colonisé nos vies, Montreuil, L'échappée, 2012 ; François Jarrige, Technocritique, Paris, La Découverte, 2014.
[10] Langdon Winner, « Do Artifacts Have Politics? », Daedalus, vol. 109, no 1, Winter 1980, repris dans The Social Shaping of Technology, édité par Donald A. MacKenzie et Judy Wajcman (Londres: Open University Press, 1985 ; 2de ed. 1999), et en français dans La Baleine et le Réacteur : À la recherche de limites au temps de la haute technologie, Libre, 2022 (1re ed. 1988).
[11] Kirkpatrick Sale, « Résistances américaines aux nouvelles technologies », Le Monde Diplomatique, février 1997, p. 27.
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RÉFÉRENCES Pour citer cet article : François Jarrige, « Fred Turner, Politique des machines, Hervé Le Crosnier (traduction), Paris, C&F Éditions, 2025, 104 pages, 15 euros. », Territoires contemporains - nouvelle série [en ligne], 6 mars 2026, disponible sur : http://tristan.u-bourgogne.fr/CGC/prodscientifique/TC.html. Auteur : François Jarrige. Droits : http://tristan.u-bourgogne.fr/CGC/prodscientifique/TC/credits_contacts.html ISSN : 1961-9944 |
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