3 juin 2009 : Séminaire 14 h. - 18 h. - salle G. Chevrier
Séminaire : Le bois et le vin
Co-organisé avec la Chaire Unesco Cultures et traditions du vin et la MSH de Dijon
Problématique générale : les métiers « autour du vin »
Dans les domaines des Sciences
Humaines et Sociales les études sur les professions vitivinicoles ont connu un
développement finalement assez récent. Dans le sillage de Roger Dion et jusque
dans les années 1970-1980, la vigne et le vin sont analysés essentiellement
d’un point de vue géographique (Géographie humaine des territoires, prise en
compte des grands courants économiques, géographie des sols, …)
[1]
.
Il faut attendre le renouveau de l’ethnologie et de l’histoire rurale française
des années 1980 pour que le monde du vin soit étudié sous des angles plus
sociaux. A partir de cette période, des chercheurs commencent ainsi à
s’intéresser aux métiers de la vigne et du vin, à l’outillage, aux travaux dans
les vignes et dans les chais.
L’étude des professions
vitivinicoles va faire l’objet d’un renouveau dans les années 1990. Désormais,
les scientifiques s’intéressent aux acteurs économiques, culturels et
politiques de la sphère vigne et vin. Les conflits vignerons comme les
dynamiques d'entreprises sont désormais analysés. Sous l’influence de la
micro-histoire, de la sociologie économique ou encore des nouvelles études
politiques, on tente alors de comprendre les vignerons et les négoces dans
leurs rapports aux pouvoirs, aux marchés, aux normes, aux consommateurs. La
profession est remise en contextes et en espaces. On cherche à connaître son
rôle dans le processus de mutations historiques tout en essayant, à rebours,
d’identifier et de mesurer les facteurs contextuels l’influençant. La
profession vitivinicole réintègre ainsi le monde qui l’entoure. Ce chantier
encore loin d’être achevé, (sources encore lacunaires ou difficiles à croiser
en raison, parfois, de leur abondance), mérite d'être élargi. Reste, en effet,
à mieux cerner l’objet d’étude lui-même.
Qu’entend-on par professions vitivinicoles, métiers de la
vigne et du vin ? La majorité
des recherches entreprises aujourd’hui ne s’intéressent finalement qu’à une
partie que l’on pourrait qualifier de centrale de l’objet : le négoce, la
viticulture et le consommateur. Le champ d’étude nous apparaît pourtant
beaucoup plus vaste et moins clos. Ainsi, fabriquants de bouchons, de
bouteilles, tonneliers, courtiers, imprimeurs, cavistes, journalistes,
pépiniéristes, industries chimiques, débits de boissons agissent en interaction
avec le négoce et la viticulture. Ils prennent une part encore trop négligée
dans les jeux de pouvoirs, dans les processus économiques liés au vin, dans la
construction des goûts du vin. Bien souvent, des liens très forts, parfois
familiaux existent entre ces acteurs. La puissance financière des tonneliers ou des
industriels, la portée culturelle des journalistes et des cavistes, l’impact
politique de tous ces acteurs sont autant de phénomènes qui s’inscrivent dans
la construction des territoires, des marchés et perceptions du vin. Or,
aujourd'hui, encore trop peu d'études se sont intéressées à ces professions.
Certes, dans le domaine de la
prescription du bon (ou du mauvais) goût, nous pouvons nous appuyer sur
quelques travaux comme ceux de J.L. Fernandez. Dans le domaine de la verrerie, l'histoire de la
bouteille a fait l'objet d'un livre collectif récent dirigé par C.
Bouneau et M. Figeac et un ouvrage édité en 2002 et dirigé par A. Corvol s'est enfin penché sur l'histoire
des relations entre bois et vin. Pourtant la littérature reste peu
importante et plusieurs acteurs aux marges du négoce et de la viticulture n'ont
pas l'objet de recherches. Cette histoire des métiers « autour » vin
reste à faire.
Journée d’étude « le bois et le vin ». Problématique
Le séminaire initié par le Centre
Georges Chevrier, la Maison des Sciences de l’Homme de Dijon et la Chaire
UNESCO « Culture et Traditions du Vin » aura donc pour mission
d’impulser de nouvelles recherches sur ces métiers « autour » du vin.
En 2009, au cours d’une première journée d’étude, nous tenterons tout d’abord de
nous intéresser aux relations existant entre le vin et le bois.
Le vin et le bois sont en effet
des objets d’étude intimement liés. Le tonneau de bois s’impose ainsi comme
l’élément central de notre réflexion tant sa place dans les champs de la
viniculture est prépondérante. En tant que contenant, il suit le vin dans sa
fabrication, son élevage et son commerce. Il interagit concrètement sur sa
chimie et de fait, sur son goût. Il est donc un élément structurant du vin
auprès du vinificateur, du prescripteur et du consommateur, élément aujourd’hui
difficilement dissociable de son contenu. Son rôle ne s’arrête pourtant pas là
et en tant que telle, la filière bois joue un important rôle dans l’économie
vitivinicole mondiale. D’amont en aval, le tonneau s’inscrit dans un processus
de fabrication mettant en jeu différents lieux et acteurs qu’il conviendra
également d’appréhender.
Enfin, le bois n’est pas
seulement contenant. Si, à présent, son usage en tant qu’outil reste un épiphénomène
dont l’intérêt réside en majeure partie dans un aspect lié à sa
patrimonialisation (muséographie,
mise en scène d’objets anciens chez les producteurs comme expression réinventée
des terroirs, …), il fut longtemps et largement utilisé pour le matériel
viticole et vinaire (utilisation encore conséquente des piquets). Les anciens
pressoirs exposés dans nombre de régions viticoles nous rappellent ainsi son
rôle, un rôle politique et économique (pressoir banale par exemple) autant
qu’organoleptique (influence des techniques de pressage sur le vin).
Nous tenterons donc, par
différents exemples et en croisant les regards disciplinaires et
professionnelles, d’engager, dans un premier temps lors de cette demi-journée
d’étude, une réflexion sur cet objet pluriel qu’est le bois au travers de ses
relations à la vigne et au vin. Il nous faudra ainsi, au cours de cette journée
d’étude inaugurale des recherches sur le vin et le bois et au cours des
séminaires qui suivront, nous pencher sur les interactions bois / vin, tant au
niveau chimique qu’en termes sociaux. Nous aborderons ainsi les processus
d’évolution des liens économiques et structurels de la filière
« bois » avec le négoce et la viticulture, les changements techniques
et leurs impacts sur le vin comme sur la filière vitivinicole dan son ensemble.
Et encore, le rôle et l’impact socio-culturels de ces branches d’activités sur
les normes de fabrication, de commercialisation et de consommation des vins.
PROGRAMME
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14h - Jocelyne Pérard et
Serge Wolikow - Accueil des participants
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14h15 – Serge
Wolikow : présentation du séminaire
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14h30 – David Chassagne
(Université de Bourgogne) – Échanges
entre le bois et le vin : cas des composés volatils
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15h15 – Eric Pothier (Université de Bordeaux III) - Tonnellerie, tonneaux… et vin. Quelques
évocations sur des mutations intenses et leurs temporalités incertaines
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16h – Pause
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16h15 – Dominique de Beauregard (Taransaud
Tonnellerie) : « Vin et
barrique, rêve et réalités »
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