14 octobre 2022 - uB


Journée d'études « Actualité des études de genre » :
Des transidentités en recherche d’identité

 

Organisation : Thibaut Besozzi (LIR3S UMR CNRS uB 7366), Manuel Boucher (ACOFIS, UPVD), Giorgia Macilotti (université Toulouse 1 Capitole), Hervé Marchal (LIR3S UMR CNRS uB 7366), Morgane Valageas (LIR3S, Université de Bourgogne)

 


 

 

APPEL À COMMUNICATIONS

 

 

Durant de très nombreuses années, les personnes transgenres ont été considérées comme des objets, à leur corps défendant, relevant de la médecine et plus particulièrement de la psychiatrie. On pourrait multiplier à l’infini les mentions des appréciations et jugements dépréciatifs aussi bien dans le langage commun (y compris dans les représentations culturelles) que dans le langage savant. Cette dépréciation est déjà bien documentée (Alessandrin, 2020).

Or l’actualité la plus récente laisse entrevoir une vision assez différente des transidentités. Des séries télévisuelles mettant en scène des identités trans connaissent un succès d’audience. Selon le site Sens critique, pas moins de 31 séries mettent en scène des personnes transgenres. Si certaines séries connaissent une diffusion restreinte, d’autres sont au contraire des succès grand public. D’autres formes d’expression culturelles (cinéma[1], théâtre[2], littérature[3], bande dessinée[4], etc.) laissent apparaître la thématique des transidentités. L’univers de la mode n’est pas en reste et met en scène régulièrement des personnes transgenres, mannequins ou créateur.trice.s transgenres, créant des collections pour l’industrie de la mode.

Mais ce n’est pas uniquement dans l’univers des représentations culturelles, de l’art ou du « glamour » que les pratiques évoluent. Ainsi, les travailleur.euse.s sociaux ou des éducateur.trice.s rapportent être confronté-e-s à des jeunes, garçons ou filles, refusant de se déshabiller dans les vestiaires qui sont affectés aux hommes ou aux femmes lors de séance de piscine, car ils ne se reconnaissent pas dans le genre qui leur est attribué. Au Portugal, aux États-Unis ou plus récemment encore en Allemagne, c’est par le prisme des toilettes neutres ou épicènes que se déploie la question des transidentités. Tout récemment, au Brésil (Cf. Le Monde du 15 nov. 2021), l’entreprise Mc Donalds qui avait mis en place des WC mixtes, a fait l’objet d’une polémique nationale. Si cette question ne semble pas poser problème pour les personnes transgenres, en revanche, elle suscite de fortes réticences au sein de la société.

Ajoutons que la thématique des transidentités est saisie également par des mouvements sociaux, plus ou moins en rapport avec les mobilisations féministes et autour des identités sexuelles.

Sans réduire la question des transidentités à cette dernière question, force est de constater que la situation des personnes transgenres occupe une place certaine dans l’actualité et l’information grand public, qu’on pourrait d’ailleurs élargir à une certaine sensibilité à l’égard des agressions/crimes transphobes (affaire Vanessa Campos par ex.).

Le terrain des mobilisations sociales n’est pas en reste sur la question trans. La question des transidentités constitue à la fois un objet des mobilisations autour de l’égalité des droits pour les personnes LGBT (QIA+), mais également au sein du mouvement féministe militant à propos de la légitimité de la place des femmes transgenres au sein des mobilisations.

Cet appel à communication s’inscrit dans les préoccupations de l’atelier « Actualité des études de genre » développé au sein du laboratoire LIR3S depuis plusieurs années. La préoccupation se centre cette année sur la question des transidentités à partir de trois axes :

 

  • Axe 1 : De quoi parle-t-on quand on évoque la question des transidentités ?

De multiples dénominations sont mobilisées pour évoquer ce monde : trans, transgenre, transidentités, « transsexualisme », « transfuges de sexe », etc. À quoi ces différents termes renvoient-ils ? Quelles sont leurs articulations avec les mouvements queer et LGBT (QIA+) ? Ce premier axe se propose de clarifier les termes en usage, aussi bien dans le monde savant ou encore le monde militant, que plus largement au sein de la société.

 

  • Axe 2 : Le mouvement trans, notamment ses relations avec le mouvement féministe

État des lieux des mouvements trans, de leurs mobilisations et de leurs revendications. Quels liens entretiennent-ils avec d’autres mouvements, notamment les mouvements féministes ? Les personnes trans sont-elles légitimes à s’inclure dans le mouvement féministe ? Bien entendu, cette interrogation rejoint la question de la conception et de la définition du genre comme catégorie d’analyse des inégalités au sein des rapports sociaux.

On pourra aussi s’interroger sur les effets de ces mobilisations en termes de politiques publiques, que ce soit en France ou ailleurs : quelles sont les mesures adoptées par les autorités publiques pour répondre aux besoins des personnes trans ? Quels sont leurs effets ?

 

  • Axe 3 : Le vécu de la transidentité (transition, conservation de l’entre-deux et refus du binarisme du genre), et plus spécifiquement les différences entre les parcours MtF et FtM. Les devenirs trans de ces deux catégories relèvent-ils d’une expérience convergente ou divergente ?

On peut se demander s'il existe des différences dans les parcours MtF et FtM au niveau de la prise en charge. Du côté des professionnels, existe-t-il des spécialisations des parcours en fonction des types de transition ? Est-ce que les professionnels accompagnent différemment les personnes selon ce critère ? Plus globalement quels types de professionnels interviennent (sanitaire ? social ? médico-social ?) et quelles différences cela induit-il en termes de vécu pour les personnes trans ?

Ces trois axes sont indicatifs. Des propositions portant sur d’autres aspects (rapport à la sexualité, travail et transgenre, médicalisation des identités de genre et/ou sexuelles, etc.) recevront un intérêt également soutenu, si elles sont sous-tendues par des recherches de terrain.

 


[1] Depuis des films devenus des classiques ( Tout sur ma mère, Almodovar, 1999), à des films plus récents (Laurence Anyways, Xavier Dolan, 2022) en passant par Tomboy (2011). Un recensement est disponible ici.

[2] On peut se référer notamment à l’initiative au Théâtre de la Criée à Marseille, « Invasion transgenre ».

[3] Le site Babelio recense propose ainsi une liste de 134 fictions transgenre.

[4] Pour un premier repérage des titres, voir le site Sens critique.

 

 

Modalités de soumission des propositions de communications

 

Les propositions de contributions originales provenant aussi bien des disciplines sociologique, historique ou philosophique sont attendues pour le [prolongation : 15 juin 2022].
Une réponse sera transmise début juin au plus tard.

Les propositions de 3 000 signes (environ) accompagnées d’un court CV présentant statut, institution de rattachement et principales publications, doivent être envoyées à chacun-e des organisatrices et organisateurs de la journée d’études : Lucile Girard, Maud Navarre, Aude Perreau et Georges Ubbiali.

Les textes sélectionnés devront être fournis pour le 1er octobre 2022.
Une publication des contributions est prévue, nous attendons donc des textes inédits.

 

[Télécharger l'appel à communications]

 

 

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Laboratoire Interdisciplinaire de Recherche
"Sociétés, Sensibilités, Soin"
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