14 mai 2020 - uB – 2 bd Gabriel – Salle 319 (3e étage du bâtiment droit) de 14 h. à 18 h. (accès/informations pratiques ici)


Transversales : Journée d'étude doctorale du CGC :
L'objet et la production de commun(s)


Organisation : Camille Mesdagh (doctorante en histoire de l’art, CGC UMR CNRS uB 7366) et Jérémy Sauvineau (doctorant en anthropologie, CGC UMR CNRS uB 7366)

 

« La production est immédiatement consommation, la consommation est immédiatement production […] toute marchandise, tout objet devient alors quelque chose de très complexe, plein de subtilités métaphysiques. »
(Karl Marx, Le Capital, t. I, 1867).

La thématique des communs connaît depuis les années 2000 de forts investissements théoriques et pratiques dans les mondes universitaire et militant. À l’ère du numérique une conception « globalisante » des communs suscite aussi de nombreux questionnements relatifs aux droits d’auteur et de l’individu. Cette journée doctorale viserait ainsi d’une part à analyser les pratiques de création de « commun » à partir de la production et de la consommation d'objets, sur une chronologie large ; d’autre part elle serait l’occasion d’une discussion théorique sur ce que l’on peut entendre par « commun ». Comment un objet produit-il du commun ? Par ses conditions de production ? Par sa consommation et ses usages ? Quels sont les effets sur le monde et les relations sociales ?

Les ZAD (zones à défendre) comme Notre-Dame-des-Landes ou le quartier libre des Lentillères à Dijon illustrent de manière exemplaire ce que l’on peut entendre par « commun » ou « biens communs » : dans ces zones d’habitat alternatif, des militants vivent, partagent et exploitent la terre de façon collective et démocratique. Le commun est fondé dans ce cas sur la suppression du circuit de la propriété privée.

L'objet, en tant que production humaine, incluant aussi bien la transformation des produits naturels, l’industrie que l’artisanat ou l’art, est au centre d'une dynamique économico-socio-culturelle. Un principe de partage d’objet/pratiques ou de co-production suffisent-ils pour identifier du « commun » ? Ou un principe politique présidant à leur création n'est-il pas nécessaire ? Au cours du temps comment a pu se produire, se conserver ou se perdre le caractère « commun » d'un bien ?

La possession ou la jouissance des objets ouvre sur un paradoxe puisqu’elle est un facteur de sociabilité, de rencontres mais souvent en faveur d’une distinction sociale qui confirme les écarts de position dans la société. Le problème des communs en remettant en cause les droits de l’artiste, de l’auteur, interroge aussi sur la compatibilité d’une telle production dans le champ artistique et intellectuel. L’œuvre est souvent le produit d’un travail collectif, d’atelier, lié à une communauté réunie par la pratique ou la pensée mais le concept de valeur artistique se fonde souvent sur la relation individuelle, du point de vue de la conception aussi bien que de la réception. Quelle(s) pratique(s) de contestation ou d'attestation cette ambivalence a-t-elle pu générer ?

Plus largement, cette journée serait également l'occasion d'une réflexion qui pourrait permettre d'expliciter les prises que chaque discipline met en œuvre sur les objets et ouvrir un dialogue entre nos différentes sciences sociales.


Entrée libre, gratuite, sans inscription,
dans la limite des places disponibles

 

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Centre Georges Chevrier - Sociétés et sensibilités
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