11 octobre 2019 – uB – 2 bd Gabriel – Salle 319 (3e étage du bâtiment droit)
(accès/informations pratiques ici)


Journée d'études :
Le Flottage du bois : pratiques sociales, techniques, aménagements et environnement


Organisation : François Jarrige (CGC, UMR 7366 CNRS-uB) et Dimitri Langoureau

 

Cette journée d’étude vise à proposer un état des lieux et présenter un ensemble d’enquête en cours sur la question du flottage du bois pensée sur la longue durée. L’enjeu sera de croiser plusieurs approches autour de cette activité : l’étude des pratiques sociales, des techniques et des acteurs, comme des imaginaires, mais aussi les nombreux enjeux environnementaux qu’elle soulève.

Il s’agit d’approfondir l’étude des techniques du flottage à bûches perdues et par trains. Une étude comparative de divers cours d’eau suffisamment représentatifs de cette activité peut permettre de dresser une ébauche de typologie des différents modèles locaux de cours d’eau flottés. Dans quelle mesure les rivières, les forêts voisines et les débouchés commerciaux ont façonné des modèles locaux ainsi que des paysages caractéristiques ? Quels étaient les principaux débouchés et les réseaux commerciaux plus ou moins lointains en interconnexion ? Par ailleurs, à quelle date le flottage a connu une crise, comment s’est opérée la reconversion et quelles ont été les causes de cette crise ?

Nous pourrons aussi nous pencher sur les conditions de vie des ouvriers du flottage, sur la description du panorama des divers acteurs du métier. Quel rôle l’État (à travers notamment les Ponts-et-chaussées) a-t-il joué dans l’élaboration et l’essor des trajectoires locales ? Comment des grands marchands, des intermédiaires ou des compagnies de flottage ont-ils encadré les ouvriers ? Dans quelle mesure les ouvriers étaient-ils en mesure de peser dans les conflits sociaux (par des grèves par exemple ou des processus variés de coalition ou de pré-syndicalisation) ?

Les divers aménagements des cours d’eau étaient nombreux. Ils peuvent être approchés à travers l’étude des étangs de flottage à bûches perdues, de la canalisation progressive des rivières, de la construction des passes de flottage par trains ou pertuis… On peut, là aussi, tenter de dresser une typologie dans un ordre amont-aval.

Le flottage se faisait sur des rivières empruntées par d’autres usagers et utilisées par des usiniers et des meuniers qu’il fallait indemniser pour les dédommager des chômages récurrents subis à cause du passage des bois dans la rivière. On peut donc étudier les diverses formes de conflits d’usage entre les flotteurs et les autres acteurs de la rivière.

Enfin, l’activité a été, sur la plupart des cours d’eau, à l’origine de nombreuses pollutions et de formes avancées d’érosion des berges, modifiant radicalement l’aspect des vallées et les paysages, remodelant les rives, menaçant les propriétés riveraines, handicapant l’agriculture locale et entraînant en fin de compte des tensions sociales. Les oppositions pouvaient déboucher sur des procès et des formes de rejet du flottage de la part des riverains.

 

 

Programme

 

 

  • Dimitri Langoureau (doctorant, CGC, UMR 7366 CNRS-uB) :
    Introduction générale. Mise en perspective, périodisation et enjeux historiographiques de la question du flottage

 

 

Approches sociales

 

  • Dimitri Langoureau :
    La condition sociale des flotteurs sur l’Yonne au XIXe siècle (approche comparative avec le cas de la Meurthe)


  • Olivier Guatelli (docteur en histoire) :
    Les flotteurs de bois à Raon-l’Étape (Meurthe) au XIXe siècle

 

Techniques, aménagements et conséquences environnementales

 

  • Guy Masson (historien) :
    Le flottage sur l’Ouche à destination de Dijon, aménagements et conflits


  • Frédéric Gob (mcf, université Paris 1) et Nicolas Jacob (mcf, université Lyon 2) :
    Le flottage : Techniques et conséquences sur le milieu

 

 

 

  • Anh-Linh François (doctorante et archéologue, univeristé Paris 1) :
    Aménager les cours d’eau torrentiels pour le flottage, exemple de la Garonne de l’Antiquité jusqu’au XIXe siècle


  • Jean-Claude Charnoz (chargé de cours, UTB de Besançon) :
    Le flottage des bois de Marine à destination de l’arsenal de Toulon, aménagement du Doubs (XVIIIe siècle) et de l’Ain (XIXe siècle)

 

 

Aires d’approvisionnement et réseaux

 

  • Denis Furestier (historien) :
    Du Léman à la Méditerranée, le flottage des bois dans les Alpes


  • Florent Godelaine (doctorant, université Lyon 2) :
    Le flottage en Basse-Loire aux XVIIe et XVIIIe siècles

  • François Jarrige : Conclusions

 

 

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