30 septembre et 1er octobre 2019 – uB


Colloque international :
Claude-Pierre Molard (1759-1837). Un technicien dans la cité

 

 

APPEL À COMMUNICATIONS

 

Claude-Pierre Molard est une figure clé de la technologie au tournant des XVIIIe et XIXe siècles. Secrétaire puis l’un des démonstrateurs du tout nouveau Conservatoire des arts et métiers né de la Convention, il en est le premier administrateur jusqu’en 1816. A ce jour, exceptés les travaux de René Tresse et Dominique de Place [1], Molard n’a pas fait l’objet d’une étude approfondie de son itinéraire, du Jura natal à l’École d’artillerie de La Fère, ni de ses fonctions, multiples car il participe à toutes les institutions technologiques créées depuis la fin de l’Ancien Régime. Au cours des années 1780, il accompagne Alexandre Théophile Vandermonde dans la gestion de l’Hôtel de Mortagne, dépôt d’inventions étroitement lié aux ateliers innovants des Quinze-Vingt que lui-même supervise sous la Révolution. Membre de la Commission temporaire des arts en 1794, académicien en 1815, il participe aussi aux sociabilités nouvelles, à Paris et en province, telles la Société d’agriculture du département de la Seine, la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, la Société philosophique des sciences et arts utiles de Saint-Claude. Il est de tous les jurys d’examen des expositions des produits de l’industrie. Molard, technicien, ne laisse pas une œuvre théorique à la différence de son successeur, Gérard-Joseph Christian. Plus qu’un technologue, c’est un praticien et un promoteur de la technologie à un moment où l’idée de progrès devient un sujet d’intéressement politique et social, mobilisant de multiples niveaux de l’administration, mais aussi toutes les strates du monde du travail et des publics de plus en plus variés, en même temps que se développent l’imprimé technique, la presse spécialisée et que la question des machines commence à animer le débat public.

Ce colloque se donne pour but d’une part de mieux connaître la formation et les activités de Claude-Pierre Molard. Il s’agit à la fois d’analyser ses sociabilités à l’échelle régionale et d’étudier son rôle dans la mise en réseau d’institutions et de lieux de production entre la fin de l’Ancien Régime, la Révolution et l’Empire, en somme son rôle de coordinateur de l’action publique, ses pratiques du contact et de l’interrelation, ses modes de gestion parallèles et connectés d’instances diverses, son travail d’administrateur technicien. D’autre part, l’enjeu est aussi de cerner la pensée de Molard, non pas l’œuvre d’un théoricien mais la réflexion d’un acteur central dans les recompositions des savoirs techniques et leur institutionnalisation sous de multiples formes. Enfin, le colloque entend s’ouvrir à l’étude des sites, des sociétés et des institutions que Molard (ainsi que son frère) a fréquentés, de manière à contribuer à la construction d’une histoire des lieux de savoirs techniques dont les dynamiques (politiques mais aussi économiques), connues en partie, méritent un approfondissement et un travail de synthèse collectif.

 


[1] René Tresse, « La jeunesse et l’initiation du mécanicien Claude-Pierre Molard de 1759 à 1791 », Revue d’histoire des sciences, 24-1, 1971, p. 13-24 ; Dominique de Place, « L’incitation au progrès technique et industriel en France 1783 à 1819 d’après les archives du Conservatoire des arts et métiers », mémoire de l’EHESS, 1981.

 

 

Comité d’organisation

 

  • Daniel Blouin,
  • Patrice Bret,
  • Valérie Burgos,
  • Marie-Sophie Corcy,
  • Christiane Demeulenaere-Douyère,
  • Edmond Dziembowski,
  • Gérard Emptoz,
  • Liliane Hilaire-Pérez,
  • François Jarrige,
  • Alain Mercier.

 

Modalités de soumissions des propositions de communications :

 

 

 

[Télécharger l'appel à communications au format pdf]

 

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