6 avril 2018– uB – Salle des séminaires de la MSH de Dijon
(accès/informations pratiques ici)


Journée d'études « Actualité des études de genre » :
Ces femmes qui refusent d’enfanter.
Un choix de vie ?


Organisateurs : Maud Navarre et Georges Ubbiali (CGC UMR CNRS uB 7366)

[Dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes]

 

 

APPEL À COMMUNICATIONS

 

Dans les temps plus anciens, le mariage (forme hégémonique de la vie en couple) qui n’était pas fécond était vécu comme un drame par les époux, subissant la réprobation de l’entourage. Dans la période contemporaine, le phénomène des couples (pas nécessairement unis par les liens du mariage désormais) qui n’engendrent pas de manière volontaire (on laisse bien entendu à part le cas d’une infécondité pathologique ou les femmes qui ne vivent pas en couple) est désormais repéré statistiquement. Le refus volontaire d’avoir des enfants constitue un phénomène certes très minoritaire (Enquête Fecond, 2014) : 5 % des personnes âgées de 18 à 50 ans affirment ne pas vouloir d’enfants.

Cette conception d’une vie sans enfant est le fruit d’une évolution à la fois rapide et extrêmement profonde consécutive à la fois de l’émergence des mobilisations féministes dans les années 1970 et des progrès continu en matière de contrôle des naissances. La maternité, d’un fatum s’est transformée en l’espace de quelques décennies en un « désir d’enfant », avec la possibilité alternative d’un désir de ne pas en avoir, d’être femme sans être mère. Cette identité s’inscrit dans l’affirmation de choix toujours plus étendus pour les sujets modernes, y compris donc le choix de ne pas participer à la reproduction de l’espèce.

L’objectif de cette journée d’études est de mieux comprendre comment ce phénomène social, à contre-courant, éclaire la norme sociale dominante de l’enfantement et comment il s’inscrit dans les transformations des fondements anthropologiques de nos sociétés. Plusieurs pistes (non restrictives) peuvent être poursuivies :

  • Comment se développe la volonté de ne pas avoir d’enfants ?
  • Quelles sont les populations les plus susceptibles de développer ce choix et pourquoi ?
  • Comment les femmes (les couples) qui assument ce choix l’argumentent-elles ?
  • Quelles transformations du rapport à la féminité le choix du non-enfant implique-t-il ?
  • Comment ce refus d’enfanter est-il vécu dans les différents âges de la vie ?
  • En quoi l’absence volontaire d’enfant redéfinit-elle les relations conjugales, entre concubins ?
  • Que nous apprennent ces nouveaux comportements sur l’évolution des structures familiales et plus largement de l’insertion dans les groupes sociaux ?
  • Comment la volonté de ne pas avoir d’enfant s’inscrit-elle dans l’affirmation toujours plus radicale du choix ?
  • Comment les institutions et les autorités publiques réagissent-elles à cette transformation des comportements ?
  • Aussi bien du point de vue historique que du point des comparaisons internationales, ces pratiques apparaissent-elles aussi novatrices qu’elles semblent l’être ?
  • La volonté de ne pas avoir d’enfants incarne-t-elle le summum du féminisme contemporain ?

 

Les propositions de communications peuvent relever des différentes disciplines des sciences humaines (sociologie, anthropologie, histoire, science politique, etc.) dans la mesure où elles reposent sur un travail empirique et/ou archivistique manifeste.

Bibliographie indicative

  • Debest C., Le choix d’une vie sans enfant, Rennes, PUR, 2014.
  • Debest, C., « Le choix d’une vie sans enfant à travers le prisme des normes parentales et conjugales : Étude de cas en France », Nouvelles pratiques sociales, vol. 25, n° 1, 2012, p. 28-43.
  • Debest, C., « Quand les “sans-enfant volontaires” questionnent les rôles parentaux contemporains », Annales de démographie historique, n° 125, 2013, p. 119-139.
  • Debest C., Mazuy M., « Rester sans enfant. Un choix de vie à contre-courant », Populations et société, n° 508, fév. 2014.
  • Debest C., « Repenser l’égalité femmes-hommes au prisme du refus de maternité », Politiques sociales et familiales, n° 116, 2014, p. 27-37.
  • Develay E., Être femme sans être mère, Master 1 sociologie, Université de Bourgogne, 2017, 66 p.
  • Doré, C., « Marlène Carmel, “Ces femmes qui n’en veulent pas : enquête sur la non-maternité volontaire au Québec” », Recherches sociographiques, vol. 32, n° 3, 1991, p 460-462.
  • Gotman A., Pas d’enfant. La volonté de ne pas engendrer, Paris, MSH, 2017.

 

Les coordonnateurs

Maud Navarre et Georges Ubbiali, Université de Bourgogne, département de sociologie,
Centre Georges Chevrier, UMR CNRS uB 7366.

 

Modalités de soumissions des propositions de communications :

  • Les propositions (3 000 signes minimum) doivent être envoyées avant le 1er octobre 2017 aux deux coordonnateurs, Maud Navarre et Georges Ubbiali.
  • Les intervenant(e)s seront informé(e)s de la retenue de leurs propositions (après éventuellement demande de précisions) fin octobre.

 

Télécharger l'appel à communications au format pdf

 

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