15 février 2018 – uB – 2 bd Gabriel – Salle 319 (3e étage du bâtiment droit)
de 14 h. à 17 h. (accès/informations pratiques ici)


Séminaire de l'atelier « Penser la/les transition(s) » :
Défaire le patrimoine pour faire patrimoine ? Vers un scénario contre-hégémonique et plébéien

Séance avec Noël Barbe (CNRS, IIAC et DRAC de Bourgogne-Franche-Comté), Caroline Darroux (Maison du patrimoine oral de Bourgogne et CGC UMR CNRS uB 7366) et Jean-Louis Tornatore (CGC UMR CNRS uB 7366)


« Défaire le patrimoine » serait se défaire du formatage institutionnel du mot dont on n'a pas encore assez dit qu'il est depuis le XIXe siècle un compagnon du capitalisme et dénoncer sa contribution actuelle à la néo-libéralisation des devenirs. « Faire patrimoine » serait considérer ses potentialités alternatives et ce qu'il y a à en sauver au regard de la multiplicité des expériences de transition qui éclosent un peu partout. Un scénario contre-hégémonique (ou plébéien) procèderait d'une réévaluation de ce à quoi il pourrait alors contribuer : à la désignation du sens de l'importance, à une écologie de l'attention, à une démocratie de la dispute, à une justice épistémologique…

 

  • Caroline Darroux :
    Lost in transition: récit des pertes autochtones. Premiers jalons d'une étude des résistances ordinaires au récit transitionniste

    [40'03]

    Comme tout grand récit moderniste, le récit transitionniste produit ses exclus, êtres et communautés en décalage, confinés à un isolement ambigu. En clin d’œil au poète américain Robert Frost, nous chercherons à comprendre ce que disent les récits des pertes autochtones dans la transition. L’autochtonie est ici envisagée sous un double aspect. Celui du « capital d’autochtonie », soit « l’ensemble des ressources que procure l’appartenance à des réseaux de relations localisés » (Renahy 2010). Le deuxième aspect est celui de l’expression commune de « significations imaginaires sociales », celles qui structurent nos représentations du monde, désignent les finalités de nos actions et créent nos attachements (Castoriadis, [1989] 1996). Les pertes autochtones (capital et significations) perturbent les relations symboliques, corporelles et sociales des habitants à leur lieu ainsi que leur place face au pouvoir. Dans cette situation critique de perte de repères, des individus et des groupes produisent des récits pour recomposer une cohérence, quel que soit leur environnement sociétal, ils expriment (et mettent en acte) des résistances face aux prédicats monolithiques du changement attendu. Des terrains bourguignons permettront d'entrer dans le détail de ce propos, ainsi que quelques exemples tirés de la littérature scientifique et des études patrimoniales.

 

  • Noël Barbe :
    En finir avec le patrimoine patricien


    À partir de deux « situations patrimoniales » qui constitueront les entames pratiques de cette réflexion et par là-même désigneront en quelque sorte l’ennemi, du moins certaines de ses facettes, il s’agira d’interroger l’hypothèse d’une version plébéienne du patrimoine soit une version qui a minima entend redistribuer places et capacités, désunir succès dans l’histoire et critère de vérité (Abensour) et ouvrir des brèches de la critique. Resterait à savoir si ce mot, patrimoine, nous est nécessaire pour penser la possibilité d’autres mondes ou s’il faut laisser là ce « bordel » pour paraphraser Auguste Blanqui à propos de l’historicisme. Seront là convoqués quelques textes littéraires et tentatives de provisionnement du futur par des expériences de résistance.


 

  • Jean-Louis Tornatore :
    Repenser nos attachements devant l'Anthropocène

    [31'54]

    Je développerai l'hypothèse selon laquelle l'Anthropocène, en tant que notion politiquement discutée et discutable, interroge la validité de la notion de patrimoine et met en cause la pertinence du mot. À quelles conditions, est-il encore possible de la/le garder ? Je propose une réponse en trois temps : comprendre les fondements de « la politique du patrimoine » ; suggérer une approche transactionnelle (expérientielle) de la relation patrimoniale ; définir les modalités et les formes d'attachement dans la perspective d'un scénario contre-hégémonique.

 

 

 

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