26-27 septembre 2013 - Salle du conseil de lettres

Journée d'études : L'exhumation des fosses communes au XXIe siècle. Pratiques et usages sociaux

Organisateurs : Sophie Baby (CGC) et François-Xavier Nérard (IRICE)

La journée d’études s’inscrit dans le programme de recherches sur les fosses communes du XXe siècle mené dans le cadre du centre Georges Chevrier, dans la lignée du colloque tenu en 2009 sur les lieux de mémoire victimaires[1].

Ce projet réfléchit aux différents enjeux et usages sociaux portés par les récentes pratiques d’exhumation de corps violentés rassemblés dans des fosses communes dans divers contextes temporels et spatiaux. Si la pratique d’enfouissement des cadavres s’enracine dans l’histoire longue des violences de masse, qu’elles aient été produites dans le cadre de l’affrontement guerrier, du génocide ou de la répression politique, celle de leur exhumation semble s’inscrire dans une dynamique propre à un XXe siècle traversé à la fois par des violences extrêmes d’une ampleur inédite et par l’épanouissement de la figure victimaire. Le développement de l’archéologie funéraire, les progrès de la médecine légiste qui permet l’identification ADN des cadavres des années après le décès, associés à l’intérêt croissant de nos sociétés pour le passé et sa mémoire ainsi qu’à la soif de justice et de réhabilitation mémorielle des victimes, ont contribué à l’essor de la quête des cadavres enfouis à la hâte dans des contextes extrêmes partout dans le monde. Traces matérielles du massacre, ces fosses et les restes qu’elles contiennent sont un outil à la disposition des chercheurs certes mais aussi des familles, de la justice et des États pour établir une vérité méconnue, oubliée, refoulée ou niée. On le devine, les motivations des uns et des autres ne concordent pas nécessairement et les conflits symboliques associés sont à la hauteur du degré de sensibilisation des sociétés au passé soulevé par ces traces.
Cette première journée vise à confronter les approches d’archéologues et d’anthropologues qui président aux chantiers de fouille nécessaires aux ouvertures des fosses et aux traitements des données qu’elles fournissent, avec la réflexion historienne sur les usages symboliques, politiques et sociaux portés par cette pratique. Quels sont les objectifs de telles exhumations ? Qui en sont les promoteurs et leurs motivations ? Quel est le protocole suivi par les praticiens du chantier ? Quel rapport entretiennent-ils avec les communautés locales ? Que faire ensuite des rapports archéologiques et médico-légaux qu’ils fournissent ? Que faire des faits établis et des restes mis au jour ?
A partir de quelques exemples nationaux situés dans des contextes historiques différents, il s’agira de faire fructifier un dialogue encore trop rare entre deux champs disciplinaires qui s’ignorent, entre les professionnels spécialistes des exhumations et les historiens qui réfléchissent autrement à leurs enjeux historiques et mémoriels
.


[1] David El Kenz et François-Xavier Nérard dir., Commémorer les victimes en Europe du XVIe siècle à nos jours, Paris, Champ Vallon, 2011.

 

 

Programme

 

Jeudi 26 septembre, après-midi

 

  • Sophie Baby, Centre Georges Chevrier, uB et François-Xavier Nérard, Université de Paris I, IRICE - Introduction
    [30'41]



• Espagne - Les fosses communes du franquisme 

  • Sophie Baby - Présentation
    [8'54]

  • Luis Rios, Département d'Anthropologie Physique, Sociedad de Ciencias Aranzadi - Una reflexión sobre el modelo de exhumaciones de la Guerra Civil en España : 2000-2013
    [26'59]

  • Queralt Solé, Universidad de Barcelona - Exhumer le XXe siècle
    [20'53]

 

• URSS - Les charniers de l’époque soviétique

  • François-Xavier Nérard - Présentation
    [10'47]

  • Yuri Shapoval, Académie des Sciences d'Ukraine (Institut Kuras) - Les fosses de Bykovnia, près de Kiev
    [41'58]

    [Traduction de François-Xavier Nérard]

  • Viatecheslav Ilitch Bitioutski, responsable de Mémorial à Voronej - Les exhumations des victimes de la Grande terreur stalinienne à Voronej
    [57'09]

    [Traduction de François-Xavier Nérard]



Vendredi 27 septembre, matin

 • France - Les sépultures de masse de l’époque révolutionnaire aux guerres mondiales

  • Hervé Mazurel, Centre Georges Chevrier, uB - Présentation
    [3'49]

  • Michel Signoli, CNRS, Université d’Aix-Marseille et Elodie Cabot, INRAP - Du Mans (1793) à Vilnius (1812) : exhumer les sépultures multiples
    [56'46]

  • Michaël Landolt, Pôle d’archéologie interdépartemental rhénan (PAIR) - La fouille archéologique de la galerie allemande de la Première Guerre mondiale du "Kilianstollen" à Carspach (France, Alsace)
    [43'58]




  • Hervé Mazurel, Centre Georges Chevrier, uB - Présentation
    [2'01]

  • Danièle Voldman, CNRS, Centre d’histoire sociale du XXe siècle - La gestion du corps des morts pendant les guerres
    [34'22]

  • Fabrice Virgili, Université de Paris I, IRICE - Les exhumations de la Libération de la France
    [26,04]

Conclusions

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Centre Georges Chevrier - Savoirs : normes et sensibilités
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