Axe 2 : Dynamiques et formes collectives

Responsables : Benoît Caritey (Mcf, sociologie) et Jean Vigreux (Pr, histoire contemporaine)

Héritant d’un important travail sur les organisations syndicales et politiques (notamment autour des gauches européennes), puis des recherches sur les conflits sociaux et la conflictualité, cet axe se propose pour partie de poursuivre les travaux entrepris grâce à l’apport de nouvelles archives. La maîtrise de corpus nouveaux (dans leurs dimensions locale, nationale et internationale) offrira des pistes de comparaisons, de jeux d’échelle, mais aussi la possibilité de penser au mieux les circulations ; tant dans les moments de paix, que dans ceux de crises et fortes tensions liés aux guerres civiles ou aux conflits armés européens. Les réfugiés, les persécutés, mais encore les instructeurs politiques qui se déplacent, non seulement en Europe, mais aussi sur d’autres continents, invitent à penser le rôle des « permanents », des cadres dans une approche prosopographique et comparative, mais aussi les violences physiques, corporelles qui prolongent ou s’accumulent à d’autres formes d’expressions conflictuelles. D’autre part, prolongeant des recherches sur les brochures, les tracts et la presse, un travail sur les affiches et images politiques croisant les regards disciplinaires, permettra d’enrichir la connaissance du phénomène communiste au XXe siècle.

Les dynamiques collectives renvoient également à toutes les formes multiples par lesquelles des acteurs s’associent pour œuvrer ensemble au service de causes elles aussi plurielles. Ces formes de mobilisations et d’engagements collectifs s’inscrivent le plus souvent dans une perspective critique voire oppositionnelle que l’histoire et la sociologie, attentives aux apports de l’ethnologie, doivent continuer à analyser. À cet égard, il est loisible d’interroger les pratiques et les projets de ces acteurs, notamment ceux se trouvant à la base, mais aussi les formes d’encadrement, comme les processus de socialisation, les formes de sociabilité, y compris festives, qu’ils peuvent impliquer. Ainsi, le travail sur la forme coopérative sera poursuivi. Il sera également proposé d’étudier les débuts des sociétés de logements HBM et coopératives, des offices HBM et des sociétés de crédit immobilier qui se développent en Bourgogne depuis le début du XXe siècle en insistant sur les fondateurs et les souscripteurs de ces actions sociales (patronat et engagement original des professeurs de droit dijonnais).