Axe 1 : Le travail et ses environnements

Responsables : Marielle Poussou-Plesse (Mcf, sociologie) et François Jarrige (Mcf, histoire contemporaine)

Si le groupe ouvrier a longtemps focalisé l’attention, des analyses raisonnant délibérément en termes de « classes populaires » y ont inclus les masses paysannes puis les petits indépendants et employés, lequel groupe forme aujourd’hui la première composante, majoritairement féminine, du salariat d’exécution. Ce faisant, lesdites analyses ont contribué à imposer l’articulation des domaines d’existence et la question des déterminations réciproques d’un « travail » et d’un « hors travail » – notamment les pratiques culturelles et/ou sportives – comme une perspective de recherche en soi, portant donc sur des formes de vie (« genre », « style », « conditions » de vie, « manières d’habiter »). Mais les travailleurs interprètent, éprouvent et aménagent les univers productifs comme des environnements habitables, supportables, autrement dit vivables – ou pas, quitte à les contester. Ces pratiques multiples ne cessent d’être observées et figurées, avec des effets performatifs puissants. Comme s’il n’y avait de classes populaires sans enquêtes en constituant les contours et/ou les dangers.

Cet axe vise à réfléchir les questions décisives, théoriques et méthodologiques, soulevées par ces orientations que l’on peut attacher à une approche environnementale du travail. Comment appréhender les rapports entre le travail et ses entours extra-professionnels et caractériser des formes de vies dominées (double peine, double journée, travail à côté, charge mentale, etc.) ainsi que les tentatives de les aménager et améliorer ? En outre, comment les activités de travail forment-elles des milieux de vie ? Car, avec celle des sociabilités, l’étude des dispositifs techniques, au sens large, est plus que jamais requise pour qualifier ce que serait un rapport populaire au travail. Comment la prétention à l’optimisation économique bataille-t-elle, en situation, avec l’expérience par les travailleurs subalternes d’une démesure du travail ? Sur quelles ressources collectives peuvent-ils alors s’appuyer pour la faire valoir ? En particulier, comment l’écologie politique s’invite-t-elle dans les débats sommant la santé au travail de se redéfinir selon les termes de la santé publique ? Que disent les nouveaux droits sociaux prenant la forme de comptes individuels (épargne-temps, formation, pénibilité) d’une injonction commune à gérer sa vie de travail comme une carrière ? Enfin, l’accent pourra être mis notamment sur les minorités de toute nature (religieuse, politique, etc.) dont les particularismes peuvent entraîner autant une discrimination qu’une protection particulière.